Dans un contexte où les fractures sociales se font de plus en plus sentir, le cinéma s’impose comme un miroir de notre réalité. Alberto Morais, un cinéaste espagnol de la nouvelle génération, nous invite à explorer ces thématiques poignantes à travers son dernier film, La terra negra (2025). Lors d’un entretien exceptionnel, il partage avec nous sa vision de la justice sociale, les défis liés à la production, et les dynamiques culturelles qui animent son œuvre. Laissons-nous séduire par cette conversation introspective qui allie passion du cinéma et interrogation sur nos sociétés contemporaines.
Plongée dans les fractures sociales : entretien exclusif avec Alberto Morais, le réalisateur de La terra negra (2025)
Dans un cadre inspirant et raffiné, lors du LEFFEST de Lisbonne, j’ai eu l’opportunité de rencontrer Alberto Morais, le réalisateur espagnol dont le dernier film, La terra negra, explore avec finesse et profondeur les fractures sociales en Espagne contemporaine. Auparavant, Morais a fait l’objet d’éloges pour son film précédent, La madre. Dans cet entretien, nous avons échangé sur des thèmes variés allant du contexte socioculturel de son dernier projet à son approche unique du cinéma. Il ne fait aucun doute que ce film marquera une étape importante dans sa carrière.
Le contexte de La terra negra
Le réalisateur a précisé que le territoire de Valence, où il a tourné La terra negra, n’est pas seulement un cadre, mais un véritable personnage. Il a déclaré : « Je me suis toujours intéressé aux espaces, aux lieux, en tant que personnages à part entière« . C’est cette identité des lieux qui l’obsède, qui le pousse à raconter des histoires. Les paysages que l’on traverse dans le film sont autant de témoignages silencieux des luttes vécues par les personnages.
Dans ses films, Morais capte habilement les tensions et les réalités sociale. Parfois, il semble que l’environnement soit imprégné d’une atmosphère pesante qui reflète les conflits internes des personnages. Il souligne que ces questions ne sont pas propres à Valence : « Cela pourrait tout aussi bien se passer en Castilla Leon, à Valladolid« .
Des personnages ancrés dans la réalité
Les protagonistes de La terra negra sont des individus marqués par les circonstances de leur existence, leurs luttes quotidiennes. Morais a expliqué qu’il veut présenter des personnages “moins centrés”, avec une sobriété qui reflète leur lutte. Ces figures sont une manière de questionner notre rapport à la communauté et aux autres.
En effet, le film ne se contente pas de montrer la douleur, mais il montre aussi une forme de résilience. Chaque personnage fait face à des dilemmes, tant personnels que collectifs. Parmi tous, il y a cette tension palpable qui s’exacerbe lorsqu’ils doivent faire face à la réalité socio-économique du pays.
Les thèmes abordés dans le film
Le film s’attaque à des thématiques d’une grande actualité. Morais ne se cache pas. Il aborde le patrimoine, la tradition, et ce qu’ils représentent dans le contexte d’une Espagne en proie à des transformations profondes. Il souligne l’angoisse d’une société qui se complaît dans ses traditions, figeant ainsi les individus, les rendant immobiles.
Dans l’échange, Alberto a souligné l’importance de la culture, de l’héritage, et de leur impact sur la perception de l’identité communautaire. La peur du changement, des étrangers et des immigrés est aussi un thème central dans La terra negra. Le réalisme tout en nuance est ce qui l’intéresse, créant un miroir de ce que l’on pourrait vivre.
Une représentation cinématographique unique
La manière de réaliser de Morais est unique. Il ajoute une dimension psychologique qui ne se contente pas de meubler l’espace avec du bruit. Au contraire, il met l’accent sur l’importance du silence. Dans un monde où souvent le son prime, il choisit de suspendre la parole pour mettre en avant des instants chargés d’émotions. Cette approche produit une expérience immersive, laissant au spectateur le temps d’absorber les événements scénaristes.
À cet égard, il a souligné : « Il y a plus de silence que ce à quoi nous sommes habitués« . Dans La terra negra, les sons ambiants jouent un rôle crucial, créant une ambiance palpable et profonde.
Introspection sur le futur sociopolitique
À travers son œuvre, Alberto Morais livrera un message puissant sur l’Espagne d’aujourd’hui, et ses répercussions sociopolitiques. Le contraste entre la history et le présent émergent avec clarté. À mille lieues d’un réalisme larmoyant, son œuvre dégage une vérité crue qui interpelle.
Lorsque le réalisateur aborde les conflits de classes, les craintes face aux immigrants, et les difficultés économiques, il montre une réalité brûlante. Alberto prédit des changements audacieux nécessaires, car l’œuvre ne donne pas seulement à voir, mais elle amène à penser, à questionner, et à analyser.
Un regard sur l’avenir
Alors que La terra negra se prépare à conquérir le circuit international, Morais espère qu’il pourra toucher de nouveaux publics. Les festivals, comme le LEFFEST, offrent une vitrine essentielle à ces œuvres, permettant d’explorer des réalités souvent oubliées. Loin d’une simple critique sociale, il désire éveiller les consciences.
En abordant des sujets aussi difficiles, il offre un précieux héritage cinématographique, un pont entre les générations. Les réflexions qu’il suscite pourraient ne pas plaire à tout le monde, mais c’est justement ce qu’il recherche : provoquer un changement.
Plongée dans les fractures sociales : entretien exclusif avec Alberto Morais, le réalisateur de La terra negra (2025)
À travers cet entretien captivant, Alberto Morais nous entraîne dans les méandres de La terra negra, un film qui dépeint avec intensité les fractures sociales en Espagne. Morais, en tant que réalisateur, met en lumière une réalité souvent méconnue dans le cinéma contemporain. Sa vision audacieuse aborde des thématiques telles que la justice sociale, la pauvreté et les inégalités, révélant un instituteur de cinéma qui ne craint pas d’affronter des sujets délicats.
Le choix de l’Espagne comme toile de fond est extrêmement pertinent ; il devient le personnage principal de sa narration. Les paysages, tout en silence et en émotion, racontent des histoires profondément ancrées dans les luttes des habitants. Morais évoque les tensions entre les classes sociales, une dynamique qui résonne dans la réalité d’aujourd’hui. Sa volonté de capturer ces conflits à travers une approche naturaliste témoigne de son attachement à une certaine forme de vérité cinématographique.
Les personnages de La terra negra deviennent, ainsi, des réceptacles d’émotions complexes, se débattant dans un monde qui semble souvent les oppresser. La force de Morais réside dans sa capacité à filmer la souffrance avec sincérité et à donner voix à des histoires qui méritent d’être entendues. En ajoutant des éléments mystérieux et symboliques, il réinvente le récit traditionnel et soulève des questions essentielles sur la condition humaine.
Les réflexions de Morais sur le cinéma et son impact sur la société révèlent un cinéaste engagé, désireux d’ouvrir un dialogue autour de ces sujets. Son approche singulière incite le spectateur à réfléchir et à ressentir plus profondément, soulignant l’importance de raconter des histoires qui nous parlent, celles qui interrogent et qui, dernier point mais non le moindre, nous incitent à agir pour un monde meilleur.










